|
Principales sources de pollution :
Les eaux usées domestiques :
Dans les rejets domestiques, la pollution est de nature minérale, bactériologique mais surtout liée aux matières organiques. Les phosphates contenus dans certaines lessives provoquent la prolifération des algues et augmentent ainsi la quantité de matière à décomposer. Lorsque la quantité d'algues est trop grande, les cours d'eau risquent l'eutrophisation : les algues consomment tant d'oxygène qu'il n'en reste plus pour les poissons et les organismes vivants.
Les villes de plus de 2000 habitants doivent épurer leurs eaux usées au plus tard en 2005.
Les eaux pluviales :
Les eaux de ruissellement peuvent être polluées par le lessivage des sols. Après la pluie, l'eau qui a "lavé" les aérosols urbains ou industriels, les routes, parking, toits... peut contenir des hydrocarbures, du plomb, du zinc, des huiles de moteur... Ces eaux ne sont pas toujours assainies, et sont parfois rejetées directement dans les cours d'eau.
Un des enjeux majeur dans le futur sera de traiter toutes ces eaux.
Les rejets industriels :
Les industries utilisent souvent de l'eau dans leurs activités. Elle en ressort polluée, elles ont donc le devoir de l'assainir avant tout rejet, afin d'être aux normes en matières de rejets. Pour éviter tout risque, il serait préférable qu'elles fonctionnent en circuit fermé, en réutilisant leurs eaux. L'industrie chimique et la production énergétique sont les plus gros consommateurs d'eau à usage industriel. C'est le secteur industriel qui a fait le plus d'efforts d'économie de consommation et d'efforts de traitements au cours des 20 dernières années. En France, deux litres sur trois servent à refroidir une centrale nucléaire (pour l'essentiels renvoyés dans l'atmosphère sous forme de vapeur).
En Loire Atlantique, les principaux rejets étaient en 1998 (données de la DRIRE) :
- des matières organiques : OTOR-Papeteries de Nantes (2411 kilogrammes/jour), Elf - Donge (930 kg/j), Eridania Beghin Say - Nantes (614 kg/j), Sollac - Basse Indre (427 kg/j)
- des matières en suspension : Eridania Beghin Say - Nantes (485 kg/j), EDF - Cordemais (284 kg/j), Elf - Donges (180 kg/j), OTOR-Papeteries de Nantes (153 kg/j)
- des métaux : Sollac - Basse Indre (12.93 kg/j - flux pondéré suivant la toxicité : 1.69), EDF - Cordemais (5.91 kg/j - flux pondéré : 2.28), Octel France - Paimboeuf - en cours de démantellement (2.30 kg/j - flux pondéré : 23).
OTOR et Beghin Say sont maintenant raccordés au réseau de traitement des eaux usées (depuis 1999).
Les rejets d'origine agricole :
Les engrais et pesticides utilisés dans l'agriculture ont contaminé les nappes et les eaux superficielles dans bien des cas. Ces produits chimiques, composés le plus souvent de nitrates (pour les engrais), se dégradent lentement dans l'eau. Ils sont dangereux pour la santé (dans certaines conditions) et peuvent aussi provoquer l'eutrophisation des cours d'eau (eaux vertes).
La France est la première consommatrice de pesticides en Europe. Les Pays de la Loire comptent 57 000 exploitations agricoles. Les rejets d'origine agricole (épandage de lisiers, lessivage des sols...) présentent souvent un caractère diffus (d'où leurs difficultés de traitement). Les améliorations nécessaires seront obtenues par la mise aux normes des bâtiments d'élevage, la généralisation des plans d'épandage et la promotion d'une agriculture moins intensive. C'est le secteur économique où les plus gros efforts restent à faire.
les marées noires :
Les pollutions les plus spectaculaires sont certainement celles dues aux pétroliers, des flots de pétrole se déversent, s'étalent à la surface des eaux, et sur les côtes, provoquant la mort du plancton, des poissons, des oiseaux... Les plates-formes de forage en mer (notamment en mer du Nord) sont également une source de pollution par le pétrole lors de fuites accidentelles. Plus importante (mais moins spectaculaire) : la pollution chronique et insidieuse liée au dégazage des pétroliers (en principe interdit).
Les pollutions chimiques accidentelles :
Un bateau qui fait naufrage au large de Cherbourg, un réservoir d'usine qui se déverse, une cuve qui explose... autant de catastrophes aux conséquences lourdes pour l'environnement. Dans la région Pays de la Loire, 15 établissements relèvent de la directive SEVESO. Les risques sont au niveau des émanations toxiques potentielles, des explosions ou des incendies. Ils ont soumis à des contrôles étroits, à des consignes de sécurité draconniennes. Une dizaine d'établissements présentent des risques majeurs. Des plans de secours spécifiques sont établis et régulièrement testés pour les principaux sites.
Les pollutions radioactives :
Totalement invisible, la radioactivité n'en est pas moins dangereuse. Jusqu’en 1982, d'énormes quantités de déchets radioactifs ont été immergés dans des fosses sous-marines par une douzaine de pays (dont les États Unis, L'URSS, le Royaume-Uni et... la France bien sûr). A cela s'ajoutent les sous-marins nucléaires abandonnés dans les ports (Russes) ou au fond des océans...
Des gestes simples pour réduire la pollution de l’eau :
- Eau de javel, white spirit, décapant... tous ces produits (et beaucoup d'autres) sont dangereux pour les milieux aquatiques et nocifs pour les utilisateurs. Dès leur utilisation il faut prendre des précautions. Certains irritent, provoquent des démangeaisons, d'autres "attaquent" la peau... il faut mettre des gants ou un masque pour s'en servir. On s'en doute bien, il vaut mieux éviter de jeter tous ces liquides dans nos éviers sans se soucier de savoir ou ils vont ensuite. Ils polluent les cours d’eau et tout ce qu’ils touchent. Les médicaments peuvent être à l’origine de perturbations dans les stations d’épuration, le white spirit peut provoquer des explosions dans les réseaux d’assainissement ou des intoxications du personnel d'entretien, la peinture peut contenir des produits chimiques dangereux... Pour savoir où les porter : demandez conseil à votre mairie. A Nantes, appelez Allô Propreté : 0800 344 000 (numéro vert - gratuit).
- l'huile de vidange, c'est sale, gras, toxique... une sorte de mini-marée noire, vraiment pas le genre de chose qu'on voudrait voir dans les rivières. C'est pourquoi il ne faut pas la jeter n'importe où : portez la à votre station service, votre déchetterie - ils s'en occuperont car elle sera recylée !
- les doses prescrites pour les produits ménagers (lessives, détergents...) sont étudiées pour être les plus efficaces possible, cela ne sert donc à rien d'en mettre deux fois plus ! Votre linge n'en sera pas plus propre, et les eaux usées, elles, seront plus "sales" (et oui, les produits ménagers nettoient la vaisselle, le linge, la salle de bain... mais pas l'eau, bien au contraire !).
- les lessives sans phosphates, les produits d’entretien 100 % biodégradables, sont disponibles dans presque tous les magasins, ils lavent aussi bien que les autres, ne sont pratiquement pas plus chers et ne provoquent pas la prolifération des algues dans nos rivières, alors, pourquoi s'en priver ?
Pour les plantations, il vaut mieux choisir des végétaux issus de l’agriculture biologique qui n'ont nécessité ni engrais ni pesticides de synthèse. Il existe aussi des engrais naturels (à utiliser avec raison). En plus, si vous consommez vos récoltes de fruits, légumes, plantes aromatiques... il y aura moins de risques sanitaires et pas de contamination de l'environnement par des produits chimiques inutiles.
|